Accueil > Français > Nos projets libres et collaboratifs > Parallèles du vivant

Parallèles du vivant

Où il est question d’habitat, d’alimentation, de corps et d’environnement.


deco

Présentation

Dans cet article, nous présentons des parallèles sur divers domaines, afin de mieux comprendre des problématiques environnementales actuelles.

Coups de main souhaités

Contenu de moyenne longueur
  1. Relecture et retours

Merci

Merci à Christie AVIGNON pour sa relecture.

Chaque domaine a sa spécificité, son langage, ses concepts… Faire des corrélations justes n’est pas toujours chose aisée.
La compréhension d’un certain nombre de phénomènes sur lesquels l’humain influe permet de mieux appréhender un monde viable et vivable, autant pour lui-même que pour son environnement.

L’approche TRIZ

Tentons une approche heuristique [1], avec la méthode TRIZ, un acronyme russe de la Théorie de Résolution des Problèmes Inventifs [2].
En 1946, l’ingénieur soviétique Genrich Altshuller [3] créé une procédure à suivre pour explorer des solutions génériques. Avec son équipe, il analyse un grand nombre de brevets et met en évidence trois idées clefs :

  1. Les solutions et les problèmes sont identiques dans tous les secteurs industriels et scientifiques ;
  2. Les modèles d’évolution technique sont également répétés dans tous les secteurs industriels et scientifiques ;
  3. Les innovations utilisent des effets scientifiques en dehors du domaine dans lequel ils ont été développés.

Systèmes clos ou ouvert

Si l’on applique cette méthode à des sujets comme le corps, l’habitat, l’alimentation et l’environnement, que peut-on en tirer ?
Mais avant tout, pourquoi ces sujets spécifiquement ? La réponse est environnementale ou, de manière plus restreinte, écologique. L’écologie étudie des milieux où vivent des êtres vivants, ainsi que des rapports de ces êtres avec ces milieux. Un être vivant a un corps, se nourrit, habite un lieu et interagit avec son environnement. Ceci explique les sujets choisis, bien que l’on puisse avoir une réflexion plus large.
Dans le domaine de l’habitat, il des systèmes conventionnels qui proposent une solution fermée, justifiée par le contrôle (de la température, de l’air, des pressions, des contraintes environnementales…). Nous avons alors un bâtiment clos avec quelques interactions « obligatoires » avec l’extérieur (la lumière par les fenêtres ou encore le renouvellement d’air). En agriculture conventionnelle les interactions avec le vivant sont minimisées par l’usage de pesticides, de fongicides, de semences contrôlées, qui ainsi appauvrissent la diversité biologique.
Ces systèmes clos, s’opposent à des systèmes ouverts, dont les noms changent selon les domaines d’application. Dans le domaine de l’habitat, on parle de maisons écologiques. Attention, nous n’évoquons pas ici la certification HQE, qui ne respecte pas plusieurs des points abordés ci-après. La maison écologique recherche l’osmose avec son environnement : les murs respirent et perspirent [4]. Elle minimise son impact et cherche des solutions locales et utilisant la physique passive [5], la biologie et l’éthique [6]. En bref, loin d’être cloisonnées, ces visions présentent de nombreuses relations bio-physico-chimiques, mais aussi humaines.
Dans le domaine de l’alimentation biologique [7], bien que l’utilisation d’intrants soit biosourcée, nous ne sommes pas non plus dans un système complètement ouvert. Même si son nom fait écho à la biologie et aux interactions de ce domaine, on évite l’arrivée de « pestes » par des procédés moins nocifs. Libre aux agriculteurs bio d’utiliser ou non des haies pour le passage du vivant, d’aider au développement des « trames et de la continuité écologique » [8], d’utiliser des insectes, des chauves-souris ou des oiseaux en biocontrôle [9].
L’agroécologie et l’agroforesterie [10] vont plus loin avec une approche écosystémique, c’est-à-dire une prise en compte les relations entre les êtres vivants et le milieu dans lequel ils vivent. On pense alors en termes de « fonctions écosystémiques » [11] et de « services écosystémiques » [12]. Cette vision offre un système beaucoup plus ouvert

Autres exemples

Nous avons défini une notion de système clos ou ouvert, mais voici d’autres parallèles possibles.
La médecine a beaucoup avancé depuis ses balbutiements. La toxicologie peut trouver des parallèles évidents avec l’écotoxicologie. C’est le fait de ne pas traiter notre environnement, de la manière dont on ne souhaiterait pas traiter notre corps.
Autre exemple bien connu à travers le slogan de prévention « les antibiotiques, c’est pas automatique ». En effet, les bactéries exposées aux antibiotiques évoluent et développent des mécanismes de résistance, phénomène appelé antibiorésistance. Si on s’arrête sur le mot « antibiotique » on trouve biotique (lié au vivant), donc un antibiotique lutte contre un vivant considéré comme néfaste. En agriculture, les pesticides, les fongicides, etc., sont des biocides pouvant être assimilés à des antibiotiques [13]. Les « pestes » peuvent d’ailleurs développer une résistance. Dans une approche ouverte, elles ont parfois une utilité, comme la fonction des champignons dans le complexe argilo-humique [14], le rôle des pollinisateurs ou encore celui des vers de terre…
Autre parallèle, une forêt vivante accueille une diversité « équilibrée », adaptée à son environnement avec de fortes interactions. Il en est de même pour l’alimentation que l’on souhaite diversifiée, équilibrée, adaptée avec des interactions comme notre microbiote à l’intérieur et sociale à l’extérieur (produit locaux, bio, de saison…).
Et vous, sur cette base de la pensée TRIZ ou de systèmes ouverts et fermés voyez-vous d’autres exemples ?

Crédits

Photo de l’article : hayley green CC-BY-SA
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Straw_Bale_House,_CAT_-_geograph.org.uk_-_1521510.jpg


[1art d’inventer, de faire des découvertes

[2Teorija Reshenija Izobretateliskih Zadatch, soit Теория Решения Изобретательских Задач – ТРИЗ

[4transpirent en gérant l’humidité

[5qui ne consomme pas d’énergie générée par l’humain

[6phytoépuration, solutions locales, composantes dont isolation, murs, charpente, fondation, qui retournent à la nature en fin de vie avec un impact minimum, voire nul...

[7ou « organic » en anglais, propre au vivant, mais aussi au mouvement, à l’organisation du vivant

[9Pour mieux comprendre ce terme : https://agriculture.gouv.fr/quest-ce-que-le-biocontrole

[10Pour mieux comprendre ce terme : https://www.mnhn.fr/fr/qu-est-ce-que-l-agroecologie

[11rôle d’un élément biotique (organisme vivant) ou d’un phénomène abiotique (non vivant mais agissant sur le vivant, comme le vent, la pluie…) dans le fonctionnement d’un écosystème. Une définition faîte maison ;)

[12biens et services que les hommes peuvent tirer des écosystèmes, directement ou indirectement, pour assurer leur bien-être (MEA : Millenium Ecosystem Assessment, 2005)

[13l’appellation « produit phytosanitaire » nous éloigne de ce parallèle qui est techniquement une équivalence

[14grossièrement, un sol nutritif et vivant

mardi 3 février 2026, par La graine


Forum

Tous les messages postés ici seront visibles par tout le monde !
Si vous souhaitez nous envoyer un mail privé, merci de passer par la page "contact".

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.