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Parallèles du vivant

mardi 3 février 2026, par La graine


Où il est question d’habitat, d’alimentation, de corps et d’environnement.

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Présentation

Dans cet article, nous présentons des parallèles sur divers domaines, afin de mieux comprendre des problématiques environnementales actuelles.

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  1. Relecture et retours

Chaque domaine a sa spécificité, son langage, ses concepts… Faire des corrélations justes n’est pas toujours une chose aisée.
La compréhension d’un certain nombre de phénomènes sur lesquels l’humain influe permet de mieux appréhender un monde viable et vivable, autant pour lui-même que son environnement. D’où une certaine importance à comprendre certains phénomènes.

L’approche TRIZ

Tentons une approche heuristique [1], avec la méthode TRIZ, un acronyme russe de la Théorie de Résolution des Problèmes Inventifs [2].
En 1946, l’ingénieur soviétique Genrich Altshuller [3] créé une procédure à suivre pour explorer des solutions génériques. Avec son équipe, il analyse un grand nombre de brevets et met en évidence trois idées clefs :
Le résultat de l’analyse des brevets a permis de mettre en évidence trois éléments clefs de TRIZ :

  1. Les solutions et les problèmes sont identiques dans tous les secteurs industriels et scientifiques ;
  2. Les modèles d’évolution technique sont également répétés dans tous les secteurs industriels et scientifiques ;
  3. Les innovations utilisent des effets scientifiques en dehors du domaine dans lequel ils ont été développés.

Systèmes clos ou ouvert

Si l’on applique cette méthode à des sujets comme le corps, l’habitat, l’alimentation et l’environnement, que peut-on en tirer ?
Mais avant tout, pourquoi ces sujets spécifiquement ? La réponse est environnementale ou écologique de manière plus restreinte. L’écologie étudie des milieux où vivent les êtres vivants, ainsi que des rapports de ces êtres avec ces milieux. Un être vivant à un corps, se nourrit, habite un lieu et interagit avec son environnement. Ceci explique les sujets choisis, bien que l’on puisse pousser la réflexion plus loin. Mais commençons déjà par cela.
Tout d’abord, nous voyons qu’il existe des systèmes conventionnels dans certains domaines comme l’habitat qui propose une solution fermée, justifiée par le contrôle (de la température, de l’air, des pressions, des contraintes environnementales…). Nous avons alors un bâtiment clos avec quelques interactions « obligatoires » avec l’extérieur (la lumière par les fenêtres ou encore le renouvellement d’air). De même, une agriculture conventionnelle minimise les interactions avec le vivant avec l’usage de pesticides, de fongicides, de semences contrôlées, soit des pratiques appauvrissant la diversité biologique.
Ces systèmes clos, s’opposent à des systèmes ouverts, dont les noms changent selon les domaines d’applications. Pour l’habitat, nous parlons de maisons écologiques. Attention, nous ne parlons pas ici de la certification HQE, qui ne respecte pas plusieurs des points abordés ci-après. La maison écologique recherche l’osmose avec son environnement, les murs respirent, perspirent [4]. Elle minimise son impact. Elle cherche des solutions locales et utilisant la physique passive [5], la biologie et l’éthique [6]. Bref, loin d’être cloisonnée, ce sont des visions avec de nombreuses relations bio-physico-chimiques, mais aussi humaines.
Pour faire un parallèle avec l’alimentation, nous avons l’alimentation biologique [7]. On remarque que si l’utilisation d’intrants est biosourcée, nous ne sommes pas non plus dans un système complètement ouvert. Bien que son nom fasse écho à la biologie et aux interactions de fait de ce domaine, on évite l’arrivée de « pestes » par des procédés moins nocifs. Libre aux agriculteurs bio d’utiliser ou non des haies pour le passage du vivant, d’aider au développement des « trames et continuité écologique » [8], d’utiliser des insectes, des chauves-souris ou des oiseaux en biocontrôle [9].
L’agroforesterie et d’autres visions comme l’agroécologie [10] vont plus loin avec une réflexion écosystémique, c’est-à-dire une prise en compte les relations entre les êtres vivants et le milieu dans lequel ils vivent. On pense alors en termes de « fonctions écosystémiques » [11] et de « services écosystémiques » [12]. On a alors affaire à un système beaucoup plus ouvert dans sa vision.

Autres exemples

Nous avons défini une notion de système clos ou ouvert, mais voici d’autres parallèles percevoir.
La médecine a beaucoup avancé depuis ses balbutiements. La toxicologie peut trouver des parallèles évident avec l’écotoxicologie. Ne traitons pas notre environnement comme on ne souhaiterait pas traiter notre corps.
Autre parallèle bien connu « les antibiotiques, c’est pas automatique ». En effet, les bactéries exposées aux antibiotiques évoluent et développent des mécanismes de résistance, appelée antibiorésistance. Si on s’arrête sur le mot « antibiotique » on trouve biotique (lié au vivant), donc un antibiotique lutte contre un vivant considéré comme néfaste. En agriculture, les pesticides, les fongicides, etc, sont des biocides, autrement dit : des antibiotiques [13]. On voit d’ailleurs que les « pestes » développent une résistance ou ont parfois une utilité dans une vision ouverte, comme les fonctions des champignons dans le complexe argilo-humique [14], les fonctions des pollinisateurs ou encore celles des vers de terre…
Autre parallèle, une forêt vivante accueille une diversité « équilibrée », adaptée à son environnement avec de fortes interactions. Il en est de même pour l’alimentation que l’on souhaite diversifiée, équilibrée, adaptée et les interactions sont alors celles avec notre microbiote à l’intérieur et sociale à l’extérieur (produit locaux, bio, de saison…).
Et vous, sur cette base de la pensée TRIZ ou de systèmes ouverts et fermés vous voyez d’autres parallèles ?

Crédits

Photo de l’article : hayley green CC-BY-SA
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Straw_Bale_House,_CAT_-_geograph.org.uk_-_1521510.jpg


[1art d’inventer, de faire des découvertes

[2Teorija Reshenija Izobretateliskih Zadatch, soit Теория Решения Изобретательских Задач – ТРИЗ

[4transpirent en gérant l’humidité

[5qui ne consomme pas d’énergie générée par l’humain

[6phytoépuration, solutions locales, composantes dont isolation, murs, charpente, fondation, qui retournent à la nature en fin de vie avec un impact minimum, voire nul...

[7ou « organic » en anglais, propre au vivant, mais aussi au mouvement, à l’organisation du vivant

[9Pour mieux comprendre ce terme : https://agriculture.gouv.fr/quest-ce-que-le-biocontrole

[10Pour mieux comprendre ce terme : https://www.mnhn.fr/fr/qu-est-ce-que-l-agroecologie

[11rôle d’un élément biotique (organisme vivant) ou d’un phénomène abiotique (non vivant mais agissant sur le vivant, comme le vent, la pluie…) dans le fonctionnement d’un écosystème. Une définition faîte maison ;)

[12biens et services que les hommes peuvent tirer des écosystèmes, directement ou indirectement, pour assurer leur bien-être (MEA : Millenium Ecosystem Assessment, 2005)

[13l’appellation « produit phytosanitaire » nous éloigne de ce parallèle qui est techniquement une équivalence

[14grossièrement, un sol nutritif et vivant

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